Des réussites au delà de nos attentes :
Nous avons rencontré des difficultés à prédire les résultats de ce projet car il s’agissait à la fois de notre toute première édition et de notre première expérience dans la création d’un événement de cette envergure. Le défi était donc double, et il a été relevé au-delà de nos espérances.
Tout d’abord, nous avons constaté une forte affluence tout au long de la journée. Nous avions conçu une programmation riche et variée, permettant de proposer des temps forts répartis dans différents espaces du festival. Les conférences représentaient les temps forts avec le plus de rassemblement, tandis que les expositions et le marché des créatrices étaient des espaces où les festivalier·es circulaient davantage. Le point culminant de la journée a été le spectacle de drag organisé en soirée pour clôturer l’événement, moment durant lequel nous avons atteint notre pic de participation. Les techniciennes du 4bis, habituées à travailler dans ce lieu, nous ont affirmé qu’il n’y avait jamais eu autant de queue devant le 4bis pour un spectacle. Au total, nous avons accueilli 295 participant·es sur l’ensemble du festival. Nous avons observé une forte présence étudiante, mais aussi d’autres publics, notamment des familles, ce qui correspondait à notre volonté de favoriser la diversité des participant·es. En effet, nous avions insisté dans notre communication sur l’ouverture du festival, au-delà du seul public étudiant de Sciences Po Rennes.
Par ailleurs, cette affluence s’explique en grande partie par l’efficacité de notre stratégie de communication. Celle-ci s’est principalement déployée sur les réseaux sociaux, où nous avons d’abord défini notre identité en tant qu’association ainsi que nos objectifs. Nous avons ensuite communiqué progressivement sur les intervenant·es et les temps forts, avant de diffuser l’affiche regroupant les informations logistiques essentielles, puis la programmation détaillée. La communication s’est aussi faite en dehors du digital, avec une campagne d’affichage notamment à l’université Rennes 2, dans des bars et commerces, ainsi qu’un petit tractage à la sortie du métro Villejean, et deux passages à la radio de Canal B.
Ensuite, nous avions pour objectif de garantir l’accessibilité financière de l’événement. Malgré nos difficultés de financement, il était inenvisageable de rendre notre festival payant, car cela n’aurait pas été en accord avec nos valeurs et nos objectifs. Nous avons donc fait le choix d’un prix libre, permettant ainsi un accès potentiellement gratuit, afin de ne pas reproduire des mécanismes d’exclusion. L’un de nos objectifs principaux était en effet de favoriser l’égalité d’accès à l’art et la culture. À ce titre, nous considérons comme une véritable réussite le fait d’avoir maintenu ce modèle, quitte à devoir recourir à des actions d’autofinancement, comme la vente de crêpes de manière quasi hebdomadaire.
Par ailleurs, nous avons obtenu des recettes bien au-delà de nos attentes. Le prix libre nous a permis de financer une partie des dépenses du festival, mais aussi de constituer une réserve pour les prochaines éditions, ce qui représente un atout important pour la pérennité du projet.
Nous avons également reçu des retours très positifs de la part des artistes et des intervenantes. Elles ont souligné la qualité de l’accueil, l’ambiance bienveillante, ainsi que le cadre dans lequel s’est déroulé le festival. De la même manière, les retours du public ont été largement enthousiastes, témoignant de l’intérêt et de l’adhésion suscités par l’événement.
La gestion des équipes bénévoles a constitué un véritable succès. L’un de nos principaux enjeux était de coordonner une trentaine de bénévoles réparti·es sur les différents espaces du lieu (salle de conférence, expositions, café à projets, restauration, accueil, marché de créatrices à l’étage, atelier d’écriture). Pour cela, nous avons mis en place un système de passation entre les créneaux, qui s’est révélé particulièrement efficace : chaque bénévole transmettait directement les consignes et les informations à la personne prenant la relève. Ce fonctionnement a permis une grande autonomie des équipes, avec une continuité fluide d’un créneau à l’autre. Cela nous a également permis de nous concentrer davantage sur la coordination globale de l’événement, sans avoir à intervenir constamment sur chaque poste, d’autant plus que nous devions également animer et introduire les temps forts du festival.
L’un de nos résultats les plus importants réside dans la richesse et la cohérence de notre programmation, en lien direct avec nos objectifs initiaux. Malgré un remodelage tardif du projet en janvier, dû à un manque de financements, nous avons réussi à construire un programme à la fois dense et diversifié. Cette diversité s’est exprimée à plusieurs niveaux : d’abord dans les formats proposés (conférences, expositions, ateliers, concerts, marché de créatrices), mais aussi dans les pratiques artistiques représentées (écriture, théâtre, photographie, peinture et illustration, couture, création de bijoux, drag, etc.), ainsi que dans les profils invités (artistes, associations, collectifs). Cette multiplicité a permis de croiser les regards, les expériences et les modes d’expression, ce qui était essentiel pour traiter les enjeux portés par le festival. Surtout, cette diversité a permis d’incarner pleinement notre objectif principal : contribuer à réinventer et à se réapproprier les imaginaires collectifs liés à la culture et à l’art, à travers une approche féministe et intersectionnelle. Le choix du titre du festival, autour de la figure de « l’allumeuse », symbole d’objectification sexiste, s’inscrivait précisément dans cette démarche de réappropriation et de renversement des représentations. L’ensemble de la programmation faisait ainsi écho à cette volonté, en proposant des formes artistiques et des prises de parole qui questionnent, détournent ou redéfinissent ces imaginaires.
Enfin, le festival a également permis de valoriser le tissu local rennais, particulièrement riche en initiatives artistiques et féministes. En mettant en avant des actrices et acteurs du territoire (associations, collectifs, artistes émergent·es ou confirmé·es), nous avons contribué à rendre visible cette dynamique locale, tout en favorisant les échanges et les rencontres. Cette dimension ancrée dans le territoire a renforcé la pertinence et l’impact du projet, en montrant que ces enjeux sont déjà portés et incarnés à l’échelle locale.
De manière générale, nous sommes passées d’une forte incertitude quant à notre capacité à maintenir l’événement, à la réalisation d’un festival perçu comme quasi professionnel, notamment par les techniciennes du 4bis ainsi que par de nombreux retours du public et des intervenantes. En effet, les difficultés rencontrées tout au long de l’organisation nous ont, à plusieurs reprises, fait douter du bon déroulement du projet.
Malgré cela, nous avons réussi à mettre en place une pluralité d’espaces au sein d’un lieu pourtant unique. Le public pouvait ainsi circuler librement entre une exposition, un espace de restauration, un marché de créateur·ices, puis assister à une conférence ou à un autre temps fort. Cette contrainte spatiale a finalement été bien maîtrisée, notamment grâce à la mise en place d’une signalétique claire permettant d’orienter les participant·es et de rendre les différents espaces lisibles.
Par ailleurs, la coordination technique a constitué un élément clé. Le travail en collaboration avec les techniciennes du 4bis a permis d’assurer une gestion efficace des installations sonores et lumineuses, ainsi que des différents temps de montage et de démontage. Le respect des contraintes techniques du lieu, combiné à une bonne anticipation des besoins des intervenant·es, a contribué à garantir la qualité et la fluidité des différents temps forts du festival.
Le défi de coordonner une multiplicité d’espaces et de temps forts a également été relevé. La programmation, à la fois dense et structurée, a permis d’assurer une bonne fluidité tout au long de la journée. Les horaires ont été globalement respectés, les jauges maîtrisées, et l’organisation logistique (notamment en matière de restauration) s’est révélée adaptée à l’affluence.
Nos perspectives pour la suite sont de rendre ce festivales le plus accessible possible : permettre une garde d'enfant sur toute la durée du festival pour que les parents puissent plus sereinement en profiter; aménager une "safe zone" pour les personnes neuro-atypique qui peuvent avoir besoin d'espace plus calme, et également mettre à disposition des casques/ bouchon d'oreilles, lunettes de soleil pour des personnes qui auraient besoin de ces dispositifs pour se sentir plus en sécurité dans les espaces.
En l'état de notre trésorerie sur ce premier festival nous n'avons pas pu rémunérer l'intégralité des intervenant.e.s et artistes, ce qui serait un point à considérer pour les prochaines éditions, selon l'évolution de nos finances.
De plus, nous monterons à l'avenir une équipe plus conséquente pour l'organisation des prochaines édition, afin de rendre moins conséquente la charge mentale de chacun.e. En effet, à quatre cela à été trop d'investissement pour chacune d'entre nous.
S'y prendre bien à l'avance pour les demandes de subvention, et le recrutement d'une équipe.
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